Spanish Jazz Project

Michel Mainil 4tet feat. Lisa Rosillo

Lisa Rosillo (vocals) Michel Mainil (bar sax, sop) Alain Rochette (piano) José Bedeur (bass) Antoine Cirri (drums)

Recorded by Mario Benvenuto July 16th & 17th 2013  Mastered by Michel Andina – Travers Emotion TRA 022

Album téléchargeable ici : https://michelmainil.bandcamp.com/album/spanish-jazz-project 

Tracklist :

El Quinto Regimiento – Guantanamera – Angelitos Negros – No Sabes de Amor – Sabor a mi – Besame Mucho – Un Año de Amor – Quien Será – Piensa en mi – Hasta Siempre…

S’il est bien une musique qui a pu facilement assimiler l’empreinte d’autres cultures, c’est le jazz.Tout d’abord par ses rythmes syncopés issus du cœur de l’Afrique. Ensuite, au fil du temps, par l’apport constant d’autres influences.Que ce soit du Brésil avec la bossa nova, du rock avec le rhythm and blues ou la fusion, ou encore des folklores de nombre de pays, les musiciens de jazz ont toujours laissé grande ouverte la porte aux cultures de toutes origines. C’est le cas de ce quartet. Rodés aux expériences les plus diverses, ils se sont cette fois orientés vers un répertoire résolument tourné vers la culture hispanique. Leur rencontre avec la jeune et talentueuse Lisa Rosillo n’y est pas étrangère. Ainsi, de Guantanamera à Quien Sera, des classiques du cinéma latino américain à Almodovar en passant par un témoignage des chants révolutionnaires de la Guerre d’Espagne, le groupe nous dresse une esquisse tout en couleur et aux accents jazzy de la langue la plus chantante qu’il soit.

Presse / Témoignages :

Pierre Dulieu – Dragon Jazz – Le jazz vocal, surtout fĂ©minin, a ceci de prodigieux: il balaie d’un revers de refrain toutes les apprĂ©hensions qu’un mĂ©lomane peut avoir face au jazz. Une voix a ainsi le pouvoir d’extraire un combo de son environnement Ă©litiste et de lui assurer une Ă©coute plus large hors de sa catĂ©gorie habituelle. Si la musique est bonne bien sĂ»r. Mais en s’associant avec la chanteuse Lisa Rosillo et en choisissant d’interprĂ©ter un rĂ©pertoire de chansons hispaniques, Michel Mainil a mis en plein dans le mille. Non seulement, Lisa Rosillo pose sa voix profonde avec autoritĂ© sur la musique mais elle enthousiasme par sa justesse et son expressivitĂ© sans parler de son phrasĂ© exotique Ă©levĂ© au biberon du flamenco qui fait passer des rayons de soleil Ă  travers les volets.
Le rĂ©pertoire comprend quelques standards inĂ©vitables dans un tel contexte (Guantanamera et Besame Mucho) mais aussi d’autres titres moins connus et fort bien choisis comme C’est IrrĂ©parable (Un An D’amour / Un Ano De Amor) de Nino Ferrer ; le traditionnel El Quinto Regimiento (Le 5ème RĂ©giment) dĂ©diĂ© Ă  l’instrument de lutte contre le fascisme fondĂ© par le Parti Communiste espagnol ; le mĂ©connu Angelitos Negros (Anges Noirs), Ă  l’origine un bolĂ©ro composĂ© par le Mexicain Manuel Alvarez Maciste autour d’un poème vĂ©nĂ©zuĂ©lien contre la discrimination raciale ; la cĂ©lèbre chanson Sabor A Mi (Le GoĂ»t De Toi) du Mexicain Alvaro Carillo qui fut repris dans le film d’animation Chico & Rita ; Piensa En MĂ­ (Pense Ă  Moi) composĂ© en 1937 par le Mexicain AgustĂ­n Lara et inclus dans la bande sonore du film Talons aiguilles de Pedro AlmodĂłvar; et enfin le superbe Hasta Siempre (Pour Toujours) Ă©crit en 1965 par Carlos Puebla en hommage au Che et Ă  la rĂ©volution cubaine.

Heureusement, le piège des tapis de cordes et les clichĂ©s qui en dĂ©coulent ont Ă©tĂ© Ă©vitĂ©s et c’est bien un vrai groupe de jazz qui officie derrière la chanteuse. Les interventions du pianiste Alain Rochette sont lumineuses (Ă©coutez-le jouer sans rythmique sur El Quinto Regimiento) tandis que le saxophone baryton du leader se glisse avec sensualitĂ© dans l’univers envoĂ»tant de ces chansons latines, semant le trouble avec une ferveur entĂŞtante et cette Ă©nergie libertaire qui enflammait jadis les chorus de Coltrane et Rollins. Beau travail aussi d’Antoine Cirri Ă  la batterie, qui gronde ou caresse avec un art consommĂ© de la percussion fĂ©line, et du contrebassiste JosĂ© Bedeur qui n’hĂ©site pas Ă  jouer de l’archet quand c’est nĂ©cessaire comme sur le poignant Angelitos Negros. Ce Spanish Jazz Project n’a rien Ă  voir avec certaines Ĺ“uvres latines aseptisĂ©es que beaucoup de jazzmen enregistrent pour des raisons commerciales. Ici, la passion, l’Ă©motion et le saudade vibrent sous chaque note tandis que la musique s’Ă©tire en un long souffle colorĂ©. Il faut dire que ces mĂ©lodies hispaniques charrient une profonde nostalgie souvent connectĂ©e Ă  des pans d’histoire tragique (Charlie Haden l’avait bien compris lui qui en rĂ©utilisa quelques unes en 1969 dans le cadre de son propre activisme politique). Cela vous donne mĂŞme envie de connaĂ®tre le message de ces anciennes chansons revisitĂ©es avec une Ă©tonnante fraĂ®cheur.

Bref, on sort bouleversĂ© de l’Ă©coute et tout le monde le sait : quand le charme d’un disque opère, c’est qu’il a quelque chose de magique !

 

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