Richard Rousselet – La passion des notes bleues

 

Bossa Flor Editions – 272 pages – Janvier 2023
Qu’est-ce que le jazz ? Madame, si vous me le demandez, c’est que vous ne le saurez jamais !, déclara un jour Louis Armstrong à une admiratrice, sans doute fascinée par la beauté de sa sonorité. Satchmo avait aussi pour habitude de dire : Le jazz, c’est la manière dont tu enfiles tes chaussettes le matin. Richard Rousselet fait souvent allusion à ces citations. Laconiques, certes, mais ô combien représentatives des mystères qui entourent le jazz. Né en 1940, il vient de souffler les bougies d’une carrière de plus de soixante-cinq années dévolues à la musique syncopée. De Sweet Sue à Tutu, de Jacques Pelzer à Marc Moulin, en passant par Act Big Band et le West Music Club. L’envie m’est venue d’écrire à propos du riche et brillant parcours de l’un des meilleurs représentants du jazz belge. Généreux, au phrasé sensible, animé par « la passion des notes bleues ». Richard le dit lui-même : Le jazz est une grande leçon de générosité envers nos partenaires musiciens et le public. Ce livre évoque ses nombreuses rencontres avec de fabuleux musiciens : concerts, enregistrements… Il témoigne aussi de ses qualités unanimement reconnues de pédagogue. Des difficultés à apprendre le swing au bonheur de transmettre la tradition.
Cher Richard, certaines théories avancent qu’il n’est pas toujours inutile de vaincre ses passions. Mais, en écoutant ta musique, nous ferons fi de ce précepte. Ne change rien, ni aujourd’hui ni demain. Continue, encore et toujours, à nous inonder de tes belles notes bleues.

La presse

Jacques Prouvost (juin 2023)

Lire Richard Rousselet, c’est écouter Richard Rousselet. C’est certainement l’un des points forts de ce livre écrit par Michel Mainil (saxophoniste de jazz de son état). En effet, la bonne idée de cet épais et très complet bouquin est d’avoir laissé la parole au trompettiste montois dont la réputation n’est plus à faire : il fut complice de Marc Moulin pendant l’excitante période Placebo et Sam Suffy’, puis de Michel Herr et son Solis Lacus ou de l’Act Big Band de Felix Simtaine…

Et cela n’est qu’une toute petite partie de son histoire (plus de 65 ans – 68 maintenant – de jazz. Quand même !). Dans « La passion des notes bleues », Richard raconte avec ferveur et gourmandise ses débuts, ses rencontres, ses découvertes perpétuelles. Il donne son point de vue, toujours pertinent et plein d’esprit, sur le jazz en général, sur son évolution, ses modes. Découpé en une bonne vingtaine de chapitres (eux-mêmes subdivisés), le livre offre une mine d’informations, d’anecdotes et d’infos à ses lecteurs. Du leader (Seven Steps, Ecaroh…) à l’enseignant, en passant par sideman, chef de Big Band (l’incontournable West Music Club) et même cycliste, Richard Rousselet parle de tout avec un enthousiasme communicatif.

Lire et écouter Richard Rousselet, c’est se plonger dans les pépites du jazz belge (et bien au-delà) et d’avoir envie d’y replonger encore. Savoureux et instructif.

Dragon Jazz – Pierre Dulieu (juillet 2023)

Richard Rousselet est un musicien emblématique du jazz belge. Avec plus de 65 ans de carrière, il a traversé, en sideman ou en leader, différentes époques marquées par des personnalités et des styles musicaux différents. Des petites et moyennes formations aux grands orchestres (notamment avec le fameux ACT Big Band), du new orleans au hard bop (avec le groupe Ecaroh en hommage à Horace Silver que je me souviens avoir vu au club Travers à Saint-Josse) en passant par le swing et la fusion électrique (avec deux groupes légendaires dont les albums, aujourd’hui encore réédités, ont contribué à un élargissement de la musique improvisée telle qu’on l’interprétait chez nous : Solis Lacus et Placebo), le trompettiste a joué dans de nombreux projets impliquant une multitude de musiciens qui constituent la crème du jazz « rouge jaune noir » même si l’on y retrouve souvent quelques noms privilégiés comme Michel Herr, Fabrice Alleman ou Bruno Castellucci. Enfin, Richard Rousselet est également un enseignant renommé qui, pendant plus de 40 années, a transmis sa passion et ses connaissances à d’innombrables étudiants dont certains sont aujourd’hui devenus des collègues (Laurent Blondiau, Jérémy Dumont, Marie-Anne Standaert, Michel Paré …). Tout ça valait bien un livre, travail de mémoire entre essai et compilation de souvenirs réalisé de façon exemplaire par Michel Mainil, lui-même musicien, qui s’est abreuvé à toutes les sources possibles.
On ne trouvera pas ici de ragots croustillants. Dans ce sens, le livre de Michel Mainil ressemble plus à la biographie de Duke Ellington (« Music Is My Mistress ») qu’à celle de Miles Davis (« The Autobiography ») : ce sont les valeurs positives des personnes qu’a côtoyées Richard Rousselet qui sont mises en valeur plutôt que d’éventuels aspects conflictuels. Certes, le contexte du jazz en Europe n’est pas le même qu’aux Etats-Unis, mais, surtout, Richard apparaît comme un personnage enthousiaste, droit et généreux (confer l’épisode du change en Suisse, ou celui où il refuse une tournée au Japon pour ne pas abandonner l’orchestre du West Music Club), cultivé et travailleur, modeste et fidèle en amitié. Il semble donc normal qu’il n’ait gardé que des bons souvenirs de ceux avec qui il a travaillé et qu’en retour, ses collègues lui fassent part d’une estime réciproque.
En revanche, le livre fourmille de détails et d’anecdotes qui raviront ceux qui aiment le jazz. En voici deux à titre d’exemple. Fan de Clifford Brown, Richard raconte comment il distribuait des bouts de papier aux jazzmen de passage pour leur demander d’écrire ce qu’ils pensaient du trompettiste. Richard a gardé ces amusants documents dont certains sont reproduits dans le livre comme celui de Cecil Payne qui a écrit « Brownie mangeait plus de crème glacée que n’importe qui d’autre que j’ai connu. Et il jouait de la trompette de la même manière ». Plus loin, Richard explique comment Marc Moulin avait abordé Herbie Hancock dans un bar à Bruxelles pour lui faire relire sa transcription personnelle de « Maiden Voyage ». De bonne grâce, Herbie apporta quelques amendements, mais, le lendemain, avant un concert à Anvers, Herbie voyant Marc en coulisses se dirige vers lui pour lui signaler que « hier, j’ai fait une erreur dans une de mes corrections ! Voilà ce que tu dois jouer ». Incroyable anecdote éclairant la belle personnalité, à la fois sérieuse, conviviale et respectueuse, d’un des géants du jazz.
L’histoire de Richard Rousselet est abordée sous différents aspects : biographie, témoignages, interviews, relevés de presse, extraits de livres, rencontres, réflexions sur divers sujets (l’enseignement du jazz, le jazz comme modèle de société, jazz wallon et jazz flamand …), discographie commentée par des experts (qui donne envie de réécouter quelques anciens vinyles), photographies, bibliographie, etc. Le style est direct, clair et sans fioritures, mais le texte est vivant comme un chorus de jazz et les différents chapitres ouvrent l’horizon en abordant des thèmes divers. Si l’on souhaite résumer tout cela en une seule phrase, il suffit de reprendre celle écrite par le pianiste Michel Herr dans sa préface : « Michel Mainil a méticuleusement retracé son parcours et recueilli ses témoignages inspirants. C’est une mine d’or ». Après « Memories of You », un premier livre dédié au contrebassiste José Bedeur, l’auteur passe le cap de son deuxième essai. Jamais deux sans trois, dit le dicton, mais, en attendant, « La Passion des Notes Bleues », bien documenté, sincère et rigoureux sans être austère, fait partie des belles pages du jazz belge qu’on ne peut que recommander.

Jazz Halo – Jacques Prouvost (juin 2023)

Richard Rousselet lezen is luisteren naar Richard Rousselet. Dit is zeker een van de sterke punten van dit boek, geschreven door Michel Mainil (jazzsaxofonist van beroep).

Het mooie aan dit dikke en zeer complete boek is dat het de trompettist uit Mons zelf aan het woord laat. Zijn reputatie bouwde hij op als de handlanger van Marc Moulin tijdens de opwindende periode van Placebo en Sam Suffy, daarna met Michel Herr en zijn Solis Lacus of met Felix Simtaine’s Act Big Band…

En dat is nog maar een klein deel van zijn verhaal (meer dan 65 jaar – 68 nu – jazz toch al!). In “La passion des notes bleues” vertelt Richard met verve en plezier over zijn begin, zijn ontmoetingen en zijn voortdurende ontdekkingen. Hij geeft zijn standpunt, altijd relevant en geestig, over jazz in het algemeen, zijn evolutie en zijn mode.

Opgedeeld in een twintigtal hoofdstukken (zelf weer onderverdeeld) biedt het boek de lezer een schat aan informatie, anekdotes en nieuwtjes. Van leider (Seven Steps, Ecaroh…) tot leraar, sideman, Big Band leider (de schitterende West Music Club) en zelfs fietser, Richard Rousselet vertelt over alles met aanstekelijk enthousiasme.

Richard Rousselet lezen en beluisteren is jezelf onderdompelen in de goudklompjes Belgische jazz (en ver daarbuiten) en er opnieuw in willen duiken. Smaakvol en leerzaam.

PLI – avril 2023 – Le Lutin Diabolique

LE JAZZ, UN MODÈLE DE SOCIÉTÉ ?

Pas banal, l’ouvrage que consacre le saxophoniste Michel Mainil au trompettiste belge Richard Rousselet, plus de 65 ans de jazz au compteur, fan de Clifford Brown, partenaire et ami de Marc Moulin au sein du groupe Placebo, membre du big band de Clark Terry, etc, etc.

« Notre plus grand trompettiste », écrit Marc Danval, « à la technique sûre et à l’inspiration généreuse » selon Carlos de Radzidky. L’ouvrage de Michel Mainil est une étonnante source de documentation factuelle sur la vie du jazz en Belgique, mais l’auteur va plus loin et tire aussi les conclusions de sa carrière et celle de son ami Richard : « Le jazz est un monde qui ne craint pas les différences mais les valorise (…) un monde qui reconnaît et donne du sens au droit à l’erreur, qui se garde de confondre opinion et vérité (…) un monde de tolérance dans lequel chacun a ses idées, les expose et les défend librement ». Plus que jamais, sous la dictature de Facebook et du politiquement correct, le discours du jazz nous est indispensable et nous, avocats de la liberté de penser, ne pouvons qu’y trouver l’écho de nos perpétuelles questions.

Scroll to Top