These Foolish Things

Michel Mainil 4tet feat. Tany Golan

Tany Golan (vcl) Michel Mainil (ts, sop) Alain Rochette (pno) José Bedeur (cb) Antoine Cirri (dms)

Recorded live at Maison de la Laïcité de Morlanwelz, November 19th, 2010

Trackist :

The Man I Love –  These Foolish Things – On the Sunny Side of the Street – All the Things You Are – Willow Weep For Me – Good Morning Blues – Summertime – I Loves you Porgy

Presse / Témoignages :

Marc Danval – RTBF – Dans les années septante, Benoît Quersin, personnage phare du jazz européen, créait en la Galerie des Princes, le « Blue Note ». Alechinsky avait dessiné le sigle du club. Un après-midi d’été, j’entendis une voix venue du bureau de Benoît où était installé un piano. Bassiste de haut vol mais également pianiste, il accompagnait une chanteuse que j’entendais pour la première fois, Tany Golan. Jamais je ne devais l’oublier.

Par après, je me souviens l’avoir entendue avec le trio du pianiste Johnny Hot, puis surtout lors d’une télévision à Londres avec le big band de Jack Parnell. Elle faisait éclater l’écran. Une carrière internationale allait-elle s’ouvrir à elle ? Tous les éléments étaient réunis : la présence, l’aisance, la décontraction et un swing intense. Son nom n’a guère l’évidence qu’il mérite.

A l’instar de tous les talents vrais, Tany doute d’elle-même. Elle est apparemment inconsciente de ce qu’elle représente pour nombre de musiciens. Sa modestie réelle a néanmoins constitué un frein à sa carrière. A-t-elle vraiment voulu faire carrière ? Rien n’est moins sûr. Lorsqu’à la RTBF, dans la « Troisième Oreille », je passe inlassablement le seul petit 45 tours que je possède d’elle, les réactions s’avèrent multiples et toujours enthousiastes.

Tany demeure discrète et silencieuse, alors qu’elle a tout à dire encore. Sans doute l’artiste véritable ne livre ses énigmes qu’en filigrane ? Grâce à des êtres tels que Tany Golan, le jazz préserve sa véritable densité poétique, donc son secret. Il serait bon de ne pas attendre des années pour s’en apercevoir… Il est temps que Tany Golan devienne Tany Golan.

Michel Mainil – Tany Golan nous a quittés le 17 décembre 2025. Ci-après le message de condoléances lors de ses funérailles :

Tany était une voix… Mais elle était bien plus que cela : une présence, une écoute, une sensibilité à fleur de peau qui transformait chaque note en émotion sincère. Sur scène, elle ne recherchait pas la lumière. Elle la racontait. Elle se la racontait. Elle laissait la musique respirer, elle laissait le silence parler, et dans cet espace si fragile, quelque chose de vrai naissait. Avec elle, le jazz devenait confidence, partage et humanité. J’ai eu la chance d’être à ses côtés lors de quelques concerts. J’ai surtout eu le privilège d’enregistrer avec elle ce que je pense être son dernier album : These Foolish Thingsces riens qui nous bouleversent. Ce titre lui ressemble tellement. Travailler avec elle, c’était apprendre l’écoute et le respect de chaque note, de chaque musicien.

Aujourd’hui, sa voix s’est tue, mais elle continue de résonner en nous. Ce midi, je regrette de ne pas être une dernière fois à vos côtés, à ses côtés. Pour conclure, j’aimerais citer un court texte du journaliste Marc Danval, lui aussi disparu : Tany demeure discrète et silencieuse, alors qu’elle a encore tout à dire. Sans doute l’artiste véritable ne livre-t-elle ses énigmes qu’en filigrane… Grâce à des êtres tels que Tany Golan, le jazz préserve sa véritable densité poétique, donc son secret.

Merci, Tany, pour la beauté que tu as offerte tout au long de ces années. Tu es et resteras avec nous, dans chaque note que nous jouerons en pensant à toi

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