Michel Mainil Quartet
Michel Mainil (ts, sop) Alain Rochette (pno) José Bedeur (cb) Antoine Cirri (dms)
Recorded live at the Music Village (Brussels) by Michel Andina and Mario Benvenuto from August 4th to 8th 2009
Travers Emotion TRA 020
Tracklist :
Reflections in Blue (James William) – Footprints (Wayne Shorter) – Beija Flor (Nelson Cavaquinho) – Mishima (David Schnitter) –
I Loves You Porgy (George Gershwin) – Just a Closer Walk With Thee (Traditional) – Get Out of Town (Cole Porter)
Presse / Témoignages

Etienne Payen – Critique – C’est avec un immense plaisir que nous retrouvons le saxophoniste belge Michel Mainil au top de sa forme pour son dernier album “Reflections in Blue”, enregistré en live au Music Village de Bruxelles. Un Michel qui se frotte avec brio à un répertoire nettement plus traditionnel et classique, bien loin de son précédent opus qui – il faut bien le reconnaître – nous avait laissé un peu sur notre faim.
Rien que du beau et même du très beau dans le choix des morceaux, car avec des auteurs comme Cole Porter, Gershwin, Wayne Shorter, seule la qualité ne peut être qu’au rendez-vous! Mais outre le choix judicieux des pièces musicales, c’est surtout au niveau de l’interprétation qu’il faut distribuer des bons points. En effet, Michel joue avec des musiciens qu’il connaît bien; à savoir le surprenant pianiste Alain Rochette, le facétieux et toujours omniprésent José Bedeur à la basse, sans oublier le batteur Antoine Cirri, complice de longue date du saxophoniste louviérois.
Quant à Michel Mainil, qui reste une des belles pointures du jazz belge, il se lâche totalement dans cet album afin de nous offrir un son bien rond, surtout plaisant à écouter, et présentant cette magie de nous interpeller dès les premières notes.
Reflections in Blue est un excellent album, riche de couleurs différentes et agréable à parcourir. Une belle production avec un son de qualité, destinée tout autant aux néophytes du jazz qu’aux connaisseurs. Petit bémol, pour ceux qui connaissent le club, l’absence des paroles de présentation de Paul Huygens, Mister Music Village, symboles d’accueil et de cette douce atmosphère ressentie dans le plus beau club de Bruxelles.
Mais ce détail ne gâche en rien le plaisir de se laisser guider par la belle musique du quartet de Michel Mainil dans Reflections in Blue, un album décidément à découvrir.
Pierre Dulieu – Dragon Jazz – Un soir d’été à Bruxelles. Un club sympa dans une vielle maison du XVIIème au coeur de la capitale. Lumières tamisées, acoustique feutrée et sur la scène, quatre hommes soudés par l’étroitesse du lieu jouent une musique intemporelle. Car si sur son disque précédent, Between The Two Solstices sorti en 2006, Michel Mainil osait quelques bidouillages sonores, il est ici revenu à un jazz pur et pétri de tradition. Pour ce faire, il a réuni autour de lui une solide phalange apte à défendre ses valeurs. Au piano, Alain Rochette est totalement en phase avec son leader qu’il connait par coeur tandis que la rythmique, composée du contrebassiste José Bedeur et du batteur Antoine Cirri, fournit la nécessaire pulsion. Dès Reflections In Blue, une composition du pianiste James Williams pour Art Blakey et ses Messengers, on est tout de suite dans l’ambiance. Après une introduction batterie / basse / piano installant un irrésistible shuffle, le saxophone ténor décline l’inimitable mélodie et on est dans le vif du sujet. Blakey savait toujours quand un nouveau morceau avait le swing qu’il lui fallait et, à première vue, Mainil aussi. On hoche la tête, on claque des doigts, on tape du pied et on danserait presque tant cette musique est chaloupée. Bedeur y prend un solo de basse remarquable et remarqué par un public déjà conquis. Footprints, le merveilleux thème de Wayne Shorter qui vient ensuite, est rendu avec la plus grande sensibilité, le soprano s’envolant haut pour des improvisations inouïes. Quel plaisir aussi de redécouvrir Mishima composé par le trop méconnu David Schnitter, un saxophoniste ténor hard-bop qui officia chez les Jazz Messengers dans la seconde moitié des années 70. Le solo de batterie de Cirri, en introduction de ce second titre extrait de l’album Reflections In Blue d‘Art Blakey, en ferait presque oublier l’original. Et quand démarre Beija Flor (colibri) du brésilien Nelson Cavaquinho, avec son subtil parfum latin, on sait que c’est gagné : les musiciens donneront tout ce qu’ils ont et on passera une soirée inoubliable. Le plus étonnant est qu’on ne trouvera ici aucune composition nouvelle mais ce n’est pas grave puisque même les standards les plus éculés comme I Loves You Porgy de Gershwin ou Get Out Of Town de Cole Porter retrouvent une nouvelle fraîcheur. Quant au traditionnel Just A Closer With Thee, un antique gospel joué jadis à la Nouvelle Orléans pendant les marches funéraires, prenez-le comme un clin d’oeil à tout ceux qui aiment le jazz sans césure depuis ses origines. Tout comme Sonny Rollins, Michel Mainil a un gros son bien épais mais il le module avec la plus grande souplesse.
Jean-Claude Vantroyen – Le Soir – Le saxophoniste belge Michel Mainil est en pleine forme sur cet album enregistré live au Music Village, le club de Bruxelles. Du jazz simple, chaleureux, bien servi par José Bedeur, Alain Rochette et Antoine Cirri. Plus des morceaux classiques composés par Shorter, Gershwin ou Porter. Plus un son bien saisi sur le vif. Egal une heure de grand plaisir d’écoute.