Michel Mainil Quartet feat. Lisa Rosillo
Tracklist :
Have Yourself a Merry Little Christmas – Santa Baby – God Bless the Child – Here Comes Santa Claus – Christmas Song
Let it Snow ! Let it Snow ! Let it Snow – White Christmas – Jingle Bell Rock – Nature Boy – Silent Night – Santa Claus is Coming to Town
Presse / Témoignages
Pierre Dulieu – Dragon Jazz – Voici déjà que nous arrive, bien en avance, un disque de Noël. Doté d’une pochette vintage digne de celles des disques Decca, RCA Victor ou Capitol dans les années 50, cet album offre quelques incontournables comme White Christmas, Silent Night ou Santa Claus Is Coming To Town autrefois chantés et popularisés par Bing Crosby mais aussi quelques titres moins connus ou oubliés. Parmi ces derniers, l’amusant Santa Baby de Javits et Springer jadis chanté par Eartha Kitt qui déroule malicieusement, à l’intention du père Noël, une interminable liste de cadeaux saugrenus comme une zibeline, une Chevy 54 convertible bleu clair, un yacht et une bague (Santa Baby I do believe in you) ou encore le nostalgique Nature Boy de Nat King Cole et son message d’amour éternel (The greatest thing you’ll ever learn is just to love and be loved in return).
Lisa Rosillo a une diction élégante et une voix chantante bien adaptée à l’interprétation de ces rengaines désuètes qui, en dépit de leur longue existence, font toujours rêver. Elle prend un accent insouciant à la Marilyn Monroe sur Santa Baby tandis que sur God Bless The Child, sa voix se laisse aller à des intonations à la Billie Holiday, retrouvant ainsi cette sorte de tristesse et de solitude qui était l’apanage de la plus grande chanteuse de jazz de tous les temps. Alain Rochette, compagnon de longue date de Michel Mainil, est au piano acoustique ou électrique pour une prestation imprégnée de jazz classique qui n’exclut pas de subtiles nuances. Par contre, la rythmique a été confiée à un nouveau tandem comprenant le contrebassiste Nicholas Yates (membre des Sidewinders avec Thomas Champagne) et le batteur Christian Verlent qui s’en tirent fort bien en délivrant un soutien frais et dynamique, quand il n’est pas carrément propulsif comme sur le joyeux Here Comes Santa Claus. Quant au leader du quartet, son jeu de saxophone est comme d’habitude d’une grande maturité même s’il est ici plus cool et velouté que d’habitude, beaucoup plus proche par l’esprit d’un Lester Young que d’un Sonny Rollins. On peut aussi l’entendre virevolter à la clarinette sur Silent Night, un autre morceau au tempo enlevé des plus agréables.
Cet album, qui fait honneur à l’ambiance sereine des jours de Noël, suscite un bonheur semblable à celui ressenti quand, une fois par an autour du sapin illuminé, on ouvre un bon champagne entouré d’amis. Pour l’originalité du projet, ça se discute mais quant au plaisir qu’on en retire, il est irrécusable.
Véronique Pinon – CultureJazz.fr – La ville de la Louvière, située entre Mons et Charleroi, peut être considérée comme l’un des berceaux du surréalisme. M’enfin, pas seulement ! C’est là que naquit Michel Mainil, un irréductible saxophoniste, et excellent pédagogue (je l’ai découvert lors d’un stage en août dernier à Virton, où se tient également le festival « Jazz en Gaume »).
Or dernièrement la presse belge s’est entichée de son dernier disque “The Christmas Songbook”. L’intitulé peut sembler rebattu, cependant les standards sont revisités avec fraîcheur et légèreté. Tels des petites gorgées de bière, Pils ou autres, à savourer …(clin d’oeil à Philippe Delerm, et son manuel du bonheur à l’usage des gens trop pressés).
Prêt à braver draches et frimas afin de diffuser/ infuser moult notes chaleureuses dans les chaumières pendant les fêtes, Michel Mainil a pris le temps de parcourir le Royaume, entouré de ses comparses, à savoir Alain Rochette (pn), Nicholas Yates (cb), Christian Verlent (dms) ainsi que de la charmante chanteuse Lisa Rosillo. Notons que Lisa, d’origine hispanique, avait déjà collaboré avec le saxophoniste dans l’album “Spanish Jazz Project” (2014).