Victor Jara

“Victor Jara, le Poète au Chant Libre”  –  CD Label Travers Emotion TRA 025

Lisa Rosillo (chant)  Michel Mainil (saxophones) Alain Rochette (direction musicale, piano & arrangements) Nicholas Yates (contrebasse) Antoine Cirri (drums)

Pour obtenir le CD, prière de verser la somme de 20 euros (port compris) sur le compte de Michel Mainil BE42 0017 9425 3254

 

Quelques retours, critiques, chroniques…

Remarquable interprétation à laquelle il est difficile de résister car, « le jazz est là » et Victor Jara est omniprésent. La voix de Lisa Rosillo traduit à merveille les messages et les cris du peuple chilien, soutien actif de l’Unité Populaire et de Salvador Allende.

Elle chante Victor Jara, arrêté, torturé par la clique de Pinochet au stade national de Santiago. Et l’on se souvient de ce héros, debout, levant ses mains aux doigts coupés, qui choisit de chanter l’hymne national de l’U.P. avant d’être assassiné.

50 ans plus tard, chanter Victor Jara, c’est rappeler toute l’humanité, l’engagement, la soif de justice, de paix du peuple chilien en lutte pour son émancipation du joug impérialiste.

Au lendemain du coup d’état de septembre 1973, le Comité National Chili, mis en place en Belgique par le CEAL et l’UBDP, imprima et diffusa un 33 tours « Canto Por Traversia » de Victor Jara. C’était un appel à la solidarité pour l’aide aux réfugiés, l’assistance aux prisonniers politiques et l’appui à la résistance contre la junte fasciste. Victor Jara est chanté partout dans le monde. Son chant résonne encore comme un engagement politique au côté des peuples en lutte. Il fut et restera l’ambassadeur culturel de Salvador Allende. – Pierre Galand – Militant des Droits de l’Homme et du Droit des Peuples à disposer d’eux-mêmes

Né en 1955, Michel Mainil a d’abord suivi les Séminaires de jazz du Conservatoire de Liège en compagnie de John Ruocco, puis s’est inscrit au Conservatoire de Bruxelles sous la férule d’Erwin Vann. Fidèle en amitié, il a fondé un quartet avec le pianiste Alain Rochette, le contrebassiste José Bedeur et le batteur Antoine Cirri (albums « Water and Other Games » en 2004, « Reflections in Blue » en 2010). Il a aussi joué avec les guitaristes Peter Hertmans et Vincent Romain, ainsi qu’avec l’harmoniciste Olivier Poumay, et a formé, avec la chanteuse d’origine espagnole Lisa Rosillo, un Spanish Jazz Project (premier album en 2014, puis « Christmas Songs » en 2017). Toujours entouré d’Alain Rochette, Nicolas Yates (cb) et Antoine Cirri, Michel Mainil et Lisa Rosillo ont décidé de rendre hommage au poète et chanteur chilien Victor Jara, un homme engagé, communiste, fidèle partisan de Salvador Allende et qui fut arrêté et torturé par les milices du général Pinochet. Au répertoire, dix textes de Jara, « Gracias a la vida » de Violeta Parra, icône de la chanson chilienne et la berceuse « Duerme negrito » qu’a notamment interprétée l’Argentin Atahualpa Yupanqui. Lisa Rosillo interprète ces textes d’une voix chaude et ondulante. Le quartet l’accompagne d’un middle jazz qui fait alterner tempo vif (« El derecho de vivir en paz ») et ballade (« Duerme negrito », « Deja la vida volar »), avec parfois des colorations latines (« Lo único que tengo », « Canto libre »). Michel Mainil passe d’un ténor vigoureux (5 titres dont « Vientos del pueblo ») à un soprano volubile (six titres dont « Manifiesto » ou « La Cocinerita »). Certains évoqueront une impression de décalage entre ces textes engagés et ce jazz mainstream qui ne refléterait pas la révolte du poète. C’était l’époque du protest song aux USA (Bob Dylan, Joan Baez) et de la chanson sud-américaine engagée en faveur de Salvador Allende (Jara, le groupe Quilapayun au Chili, Atahualpa Yupanqui en Argentine) et avec le populaire Cuarteto Cedrón on était loin du jazz nord-américain. Mais il faut reconnaître que, dans l’interprétation de ses textes, il n’y avait pas de véhémence chez Jara, une spontanéité accompagnée d’une simple guitare, d’une flûte des Andes et de petites percussions.

Pourtant les textes expriment une réelle révolte :
Dans « Manifiesto » : « Yo no canto para cantar / Ni por tener buena voz / Canto porque la guitarra / Tiene sentido y razón » (« Je ne chante pas pour chanter / Ni parce que j’ai une belle voix / Je chante parce que la guitare / A raison et fait sens »).
Dans « El  derecho de vivir en paz » : « Le droit de vivre / Poète Ho Chi Minh / Qui résonne du Vietnam / A toute l’humanité / Aucun canon n’effacera / Le sillon de ta rizière / Le droit de vivre en paix ».
Dans « Canto libre » : « Mon chant est un chant libre / Qui veut s’offrir / A qui lui tend la main / Continuons à chanter ensemble / Pour toute l’humanité ».
Dans « Vientos del pueblo » : « De nouveau ils veulent salir / Ma terre avec du sang ouvrier / Ceux qui parlent de liberté / Et qui ont les mains sales ».

A chacun de se faire une opinion, mais il faut rendre grâce à Lisa Rosillo et Michel Mainil d’avoir célébré la mémoire de ce « Poète au chant libre ». Claude Loxhay – Jazz Around 28/01/2021

Une petite piqûre de rappel ne fait pas de tort : le jazz n’est pas que du jazz, la musique n’est pas que de la musique. Par ses origines, par sa structure même, le jazz porte en lui une vision du monde rebelle, généreuse, libre, solidaire. Pour ceux qui ont l’âge de se souvenir des heures sombres du Chili, le nom de Victor Jara restera lié à cette lutte inégale contre la dictature du sinistre Pinochet qui, après l’avoir torturé sur la place publique lui fit couper les doigts. Le meilleur moyen de faire taire un artiste. Sauf que ses textes restent. Michel Mainil, infatigable défenseur d’une musique qui fut d’abord une musique d’esclaves, leur donne une couleur nouvelle, histoire de faire passer le flambeau de la résistance, en des temps où le fascisme pointe le bout de son nez un peu trop souvent. Avec Alain Rochette, directeur musical du projet, Nicholas Yates et Antoine Cirri, et avec, pour porter les textes de Jara, la voix de Lisa Rosillo, Michel, particulièrement efficace au soprano dans ce contexte, nous rappelle, à travers ce disque enregistré en juillet 2020, au cœur d’une autre forme de tempête, l’urgence de la résistance et du combat artistique. No pasaran !     Jean – Pol Schroeder – Directeur de la Maison du Jazz de Liège

Il est des soubresauts de l’Histoire qui créent une émotion intense, rendue par l’image clandestine. Quatre décennies furent nécessaires pour découvrir le cortège funèbre conduisant la dépouille de Pablo Neruda, prix Nobel de Littérature, décédé de manière suspecte quelques jours après l’odieux coup d’État qui emporta Salvador Allende. Entourés d’un cordon de police, les citoyens chiliens défiaient le pouvoir de la junte. Ils entonnaient L’Internationale en suivant le corbillard et en scandant le nom du poète défunt.

 Victor Jara aurait figuré parmi eux en cette fin septembre 1973 s’il n’avait été lynché par les tortionnaires une semaine plus tôt, dans un stade de la capitale qui porte désormais son nom. Il avait 40 ans. Fils de paysans des faubourgs de Santiago, après avoir brillé dans le théâtre – des mises en scène de Machiavel ou Brecht lui valurent une tournée européenne très appréciée -, il se tourna vers la chanson, plus propice pour transmettre des messages politiques semblables à ceux des auteurs d’Amérique latine qui, par leurs écrits, clamaient la libération de l’Homme et l’avènement de la justice sociale.

 Souvent, Victor Jara dut se lever en pensant qu’il vivait le matin du grand soir. Ce fut la nuit éternelle qui le drapa.  Bien que de nombreux artistes comme Beaucarne, Ferrat, Lavilliers  lui rendirent hommage, c’est par l’ interprétation de ses propres œuvres  que l’on peut le mieux célébrer l’adepte du Canto libre.  En voici donc le reflet.                   Jean-Pol BARAS – Citoyen, ancien Secrétaire général du Parti Socialiste, auteur de plusieurs articles sur Salvador Allende

Víctor Jara est un poète et chanteur populaire chilien. Engagé dans des activités politiques dans les années 60 et 70, il fut arrêté à Santiago pendant le coup d’État militaire du 11 septembre 1973, emprisonné, torturé et finalement exécuté quelques jours plus tard avant d’être enterré clandestinement. C’est à sa mémoire qu’est consacré ce nouvel album de la chanteuse Lisa Rosillo et du saxophoniste Michel Mainil.

A part José Bedeur, ici remplacé à la contrebasse par Nicholas Yates, l’équipe est restée la même que celle du Spanish Jazz Project, sorti il y a six ans déjà mais resté, par sa grande qualité et sa force émotionnelle, incrusté dans nos mémoires.

Sur ce nouvel album, chaque chanson raconte à nouveau une histoire, défend une idée ou affirme un engagement. El Derecho De Vivir En Paz est par exemple une vive contestation de la guerre du Vietnam (Aucun canon n’effacera le sillon de votre rizière. Le droit de vivre en paix). Cette ode à Ho Chi Minh et à la lutte vietnamienne est joliment arrangée par le pianiste Alain Rochette qui a assuré la direction musicale de l’album. Le saxophone ténor alimente ce morceau et lui donne un souffle supplémentaire qui rehausse l’impact du message, un peu comme Gato Barbieri le faisait autrefois dans ses propres compositions.

Certaines chansons ont un rythme entraînant comme Lo Unico Que Tengo (Tout Ce Que J’ai) dans laquelle le poète constate que la seule richesse qu’il possède sont ses propres mains. Un texte qui résonne de façon d’autant plus poignante quand on sait que, pendant ses derniers instants, les soldats de Pinochet lui avaient tranché les doigts en lui intimant l’ordre de chanter : les mains ensanglantées, il aurait alors obtempéré en entonnant l’hymne de l’Unité Populaire. D’autres sont plus mélancoliques comme Vientos Del Pueblo (Les Vents Du Peuple), un hommage au peuple spolié par “ceux qui parlent de liberté et qui ont les mains sales” mais qui garde néanmoins l’espoir envers et contre tout.

Ces onze chansons magnifiquement retravaillées dans une perspective “jazz” restent très respectueuses de leur auteur et de son message de paix et de liberté. L’émotion apportée par les textes de Victor Jara, retransmis par la voix de Lisa Rosillo, est bien sûr au rendez-vous et elle est encore amplifiée par la musique intelligemment réarrangée. Voilà 50 minutes qui vous apporteront à la fois une belle détente musicale et de la nourriture pour l’esprit. Qui dit mieux ? Pierre Dulieu in Dragon Jazz 27/11/2020 –  https://www.dragonjazz.com/

Samen met zangeres Lisa Rosillo zet saxofonist Michel Mainil (65) het ‘Spanish Jazz Project’ van 6 jaar geleden (2014) verder, waarin nu Nicholas Yates op contrabas José Bedeur vervangt.

Michel Mainil brengt met zangeres Lisa Rosillo een hommage aan de geëngageerde Chileense dichter en zanger Victor Jara, politiek activist in de jaren 60-70, die bij de staatsgreep van Pinochet op 11 september 1973 werd opgepakt. Hij werd gefolterd en uiteindelijk enkele dagen erna geëxecuteerd en clandistien begraven.

De 11 chansons werden door Pianist Alain Rochette bewerkt tot swingende jazz naar songs en poëzie van Jara, gezongen door Lisa Rosillo. Het album opent met ‘El Derecho De Vivir En Paz’ (Het recht in vrede te leven) wat een aanklacht inhield tegen de Vietnam oorlog. In ‘Manifiesto’ klinkt Jara’s boodschap als geëngageerd liedjeszanger met een verwijzing naar de Chileense singer-songwriter en beeldend kunstenaar Violeta Parra waarvan de bekendste song ‘Gracias a la Vida’ ook op dit album is opgenomen.

De Venezolaanse traditional ‘Duerme Negrito’, ook op het repertorium van Victor Jara, verwijst naar de slavernij. En verder wordt een prachtige staalkaart van schrijnende Jara’s songs (‘La Cocinerita’, ‘Deja la Vida Volar’, ‘Lo Unica que tengo’, ‘Vientos del Pueblo’, ‘Canto Libre’, Angelita Huenumán’, ‘Te Recuerdo Amanda’) passioneel en expressief met zuiders temperament gezongen en vol saxvuur, sublieme pianoswing en kleurrijke ritmes tot een sublieme jazzmix gegoten. Jara’s ‘Gracias a la Vida’ sluit het album passend af.

De spirit van Victor Jara overleeft met een aangrijpende invulling van de originele muziek en poëzie naar moderne jazzmuziek, die schreeuwt om vrijheid en vrede. Warm aanbevolen! – Bernard Lefèvre – Jazzhalo 01/20/2021

Le nouveau CD du Quartette de Michel Mainil et de la chanteuse Lisa Rosillo rend hommage à Victor Jara, le poète au chant libre, torturé par les crapules de Pinochet lors de l’assassinat d’Allende au Chili en 1973. Un album militant donc, mais littéralement enchanté par la voix magnifique, et volontiers canaille sur certaines plages, de Lisa Rosillo au sommet de son talent, le phrasé de certains solos de saxophone de Michel Mainil, et surtout, l’osmose parfaite entre les quatre musiciens et la chanteuse. J’ai adoré les plages 3, 4, 5, 9 et 10 : écrivez-moi votre propre quinté !  CD en vente dans toutes les bonnes maisons, sinon contact : www.travers.be ou fgodefroid@skynet.be, qui fera suivre. Dès la fin d’une certaine crise, nos complices promettent de repartir « on the road again », et je peux vous garantir personnellement que ça va swinguer grave !

Et pour l’anecdote, le très sympathique Michel M. est souvent coiffé d’un bonnet ou d’une casquette : qui a dit calvitie ? Discret, le Pli ne publiera aucune photo de lui décoiffé… Et, comme Julien, Michel Mainil aussi a ses attaches à Charleroi, (il est natif de La Louvière, mais nous sommes tolérants) où il s’est souvent produit au Barbuze, au Puits d’Orléans, au Charly ‘s Jazz club, et plus récemment à Courcelles… Comme Julien, il a donné des concerts partout dans le monde (Kinshasa, New York et Berlin par exemple pour l’un, Gabon, Mali Québec et Pologne pour l’autre).  Ces deux-là sont faits pour se rencontrer…si ce n’est déjà fait…Francis Godefroid – PLI (Magazine du Barreau de Charleroi), février 2021