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Victor Jara, le poète au chant libre

Line-up : Lisa Rosillo (vcl) Michel Mainil (saxes) Alain Rochette (dir, pno, arr) Nicholas Yates (cb) Antoine Cirri (dms)

Enregistré du 6 au 9 juillet 2020. au Palace (La Louvière, Belgique). Enregistrement, Mixage, Mastering : Mario Benvenuto (Aram asbl) Production : Michel Mainil Cover design : Lisa Rosillo. Crédit Photos : Christian Verlent. Label Travers Emotion TRA025.

Tracklist :

El Derecho de Vivir en Paz / Ma,ifiesto / Duerme Negrito / La Cocinerita / Deja la Vida Volar / Lo  Único que Tengo / Vientos de Pueblo / Canto Libre / Angelita Huenuman  / Te Recuerdo Amanda / Angelita Huenuman  / Gracias a la Vida

Ce n’est un secret pour personne, la période pandémique que nous traversons impacte durement le monde artistique. Malgré cette tourmente sans précédent, les artistes, chacun à leur niveau, ont continué vaille que vaille à créer. C’est notre cas… Nous avons mené à bien un projet qui nous tenait à cœur depuis longtemps : l’enregistrement de « Victor Jara, le poète au chant libre ». Nous rendons ainsi hommage à ce musicien chilien, lâchement assassiné pour ses principes par les milices de Pinochet, à peine quelques jours après le renversement de Salvador Allende en 1973. Il était important pour nous de remettre en lumière cet humaniste résistant, homme de cœur, trop tôt disparu. Un devoir de mémoire.

Le projet Victor Jara a bénéficié de l’aide de nombreux  partenaires. Central asbl, le Club Achille Chavée  et le Centre culturel de Soignies furent les premiers à y croire. D’autres les ont rejoints : Laïcité Brabant Wallon, Play Again asbl, la Maison du Jazz en Hainaut, la Maison de la Laïcité Condorcet, le CAL de Saint-Ghislain, l’asbl Alliance Nouvelle – scre. Merci à chacun d’eux de permettre à la culture d’exister malgré les temps difficiles que nous traversons.

Presse / Témoignages :

Pierre Galand – Militant des Droits de l’Homme et du Droit des Peuples à disposer d’eux-mêmes

Remarquable interprétation à laquelle il est difficile de résister car, « le jazz est là » et Victor Jara est omniprésent. La voix de Lisa Rosillo traduit à merveille les messages et les cris du peuple chilien, soutien actif de l’Unité Populaire et de Salvador Allende.

Elle chante Victor Jara, arrêté, torturé par la clique de Pinochet au stade national de Santiago. Et l’on se souvient de ce héros, debout, levant ses mains aux doigts coupés, qui choisit de chanter l’hymne national de l’U.P. avant d’être assassiné.

50 ans plus tard, chanter Victor Jara, c’est rappeler toute l’humanité, l’engagement, la soif de justice, de paix du peuple chilien en lutte pour son émancipation du joug impérialiste.

Au lendemain du coup d’état de septembre 1973, le Comité National Chili, mis en place en Belgique par le CEAL et l’UBDP, imprima et diffusa un 33 tours « Canto Por Traversia » de Victor Jara. C’était un appel à la solidarité pour l’aide aux réfugiés, l’assistance aux prisonniers politiques et l’appui à la résistance contre la junte fasciste.

Victor Jara est chanté partout dans le monde. Son chant résonne encore comme un engagement politique au côté des peuples en lutte. Il fut et restera l’ambassadeur culturel de Salvador Allende.

Jean-Pol BARAS – Citoyen, ancien Secrétaire général du Parti Socialiste, auteur de plusieurs articles sur Salvador Allende

Il est des soubresauts de l’Histoire qui créent une émotion intense, rendue par l’image clandestine. Quatre décennies furent nécessaires pour découvrir le cortège funèbre conduisant la dépouille de Pablo Neruda, prix Nobel de Littérature, décédé de manière suspecte quelques jours après l’odieux coup d’État qui emporta Salvador Allende. Entourés d’un cordon de police, les citoyens chiliens défiaient le pouvoir de la junte. Ils entonnaient L’Internationale en suivant le corbillard et en scandant le nom du poète défunt.

 Victor Jara aurait figuré parmi eux en cette fin septembre 1973 s’il n’avait été lynché par les tortionnaires une semaine plus tôt, dans un stade de la capitale qui porte désormais son nom. Il avait 40 ans. Fils de paysans des faubourgs de Santiago, après avoir brillé dans le théâtre – des mises en scène de Machiavel ou Brecht lui valurent une tournée européenne très appréciée -, il se tourna vers la chanson, plus propice pour transmettre des messages politiques semblables à ceux des auteurs d’Amérique latine qui, par leurs écrits, clamaient la libération de l’Homme et l’avènement de la justice sociale.

 Souvent, Victor Jara dut se lever en pensant qu’il vivait le matin du grand soir. Ce fut la nuit éternelle qui le drapa.  Bien que de nombreux artistes comme Beaucarne, Ferrat, Lavilliers  lui rendirent hommage, c’est par l’ interprétation de ses propres œuvres  que l’on peut le mieux célébrer l’adepte du Canto libre.  En voici donc le reflet. 

Jean-Pol Schroeder – Directeur honoraire de la Maison du Jazz

Une petite piqûre de rappel ne fait pas de tort : le jazz n’est pas que du jazz, la musique n’est pas que de la musique. Par ses origines, par sa structure même, le jazz porte en lui une vision du monde rebelle, généreuse, libre, solidaire. Pour ceux qui ont l’âge de se souvenir des heures sombres du Chili, le nom de Victor Jara restera lié à cette lutte inégale contre la dictature du sinistre Pinochet qui, après l’avoir torturé sur la place publique lui fit couper les doigts. Le meilleur moyen de faire taire un artiste. Sauf que ses textes restent. Michel Mainil, infatigable défenseur d’une musique qui fut d’abord une musique d’esclaves, leur donne une couleur nouvelle, histoire de faire passer le flambeau de la résistance, en des temps où le fascisme pointe le bout de son nez un peu trop souvent. Avec Alain Rochette, directeur musical du projet, Nicholas Yates et Antoine Cirri, et avec, pour porter les textes de Jara, la voix de Lisa Rosillo, Michel, particulièrement efficace au soprano dans ce contexte, nous rappelle, à travers ce disque enregistré en juillet 2020, au cœur d’une autre forme de tempête, l’urgence de la résistance et du combat artistique. No pasaran !

Pierre Dulieu – Dragon Jazz (2020)

Víctor Jara est un poète et chanteur populaire chilien. Engagé dans des activités politiques dans les années 60 et 70, il fut arrêté à Santiago pendant le coup d’État militaire du 11 septembre 1973, emprisonné, torturé et finalement exécuté quelques jours plus tard avant d’être enterré clandestinement. C’est à sa mémoire qu’est consacré ce nouvel album de la chanteuse Lisa Rosillo et du saxophoniste Michel Mainil. A part José Bedeur, ici remplacé à la contrebasse par Nicholas Yates, l’équipe est restée la même que celle du Spanish Jazz Project, sorti il y a six ans déjà mais resté, par sa grande qualité et sa force émotionnelle, incrusté dans nos mémoires.

Sur ce nouvel album, chaque chanson raconte à nouveau une histoire, défend une idée ou affirme un engagement. El Derecho De Vivir En Paz est par exemple une vive contestation de la guerre du Vietnam (Aucun canon n’effacera le sillon de votre rizière. Le droit de vivre en paix). Cette ode à Ho Chi Minh et à la lutte vietnamienne est joliment arrangée par le pianiste Alain Rochette qui a assuré la direction musicale de l’album. Le saxophone ténor alimente ce morceau et lui donne un souffle supplémentaire qui rehausse l’impact du message, un peu comme Gato Barbieri le faisait autrefois dans ses propres compositions.

Certaines chansons ont un rythme entraînant comme Lo Unico Que Tengo (Tout Ce Que J’ai) dans laquelle le poète constate que la seule richesse qu’il possède sont ses propres mains. Un texte qui résonne de façon d’autant plus poignante quand on sait que, pendant ses derniers instants, les soldats de Pinochet lui avaient tranché les doigts en lui intimant l’ordre de chanter : les mains ensanglantées, il aurait alors obtempéré en entonnant l’hymne de l’Unité Populaire. D’autres sont plus mélancoliques comme Vientos Del Pueblo (Les Vents Du Peuple), un hommage au peuple spolié par “ceux qui parlent de liberté et qui ont les mains sales” mais qui garde néanmoins l’espoir envers et contre tout.

Ces onze chansons magnifiquement retravaillées dans une perspective “jazz” restent très respectueuses de leur auteur et de son message de paix et de liberté. L’émotion apportée par les textes de Victor Jara, retransmis par la voix de Lisa Rosillo, est bien sûr au rendez-vous et elle est encore amplifiée par la musique intelligemment réarrangée. Voilà 50 minutes qui vous apporteront à la fois une belle détente musicale et de la nourriture pour l’esprit. Qui dit mieux ?

Claude Loxhay – Jazz Around (2021)

Toujours entouré d’Alain Rochette, Nicolas Yates (cb) et Antoine Cirri, Michel Mainil et Lisa Rosillo ont décidé de rendre hommage au poète et chanteur chilien Victor Jara, un homme engagé, communiste, fidèle partisan de Salvador Allende et qui fut arrêté et torturé par les milices du général Pinochet. Au répertoire, dix textes de Jara, « Gracias a la vida » de Violeta Parra, icône de la chanson chilienne et la berceuse « Duerme negrito » qu’a notamment interprétée l’Argentin Atahualpa Yupanqui. Lisa Rosillo interprète ces textes d’une voix chaude et ondulante. Le quartet l’accompagne d’un middle jazz qui fait alterner tempo vif (« El derecho de vivir en paz ») et ballade (« Duerme negrito », « Deja la vida volar »), avec parfois des colorations latines (« Lo único que tengo », « Canto libre »). Michel Mainil passe d’un ténor vigoureux (5 titres dont « Vientos del pueblo ») à un soprano volubile (six titres dont « Manifiesto » ou « La Cocinerita »). Certains évoqueront une impression de décalage entre ces textes engagés et ce jazz mainstream qui ne refléterait pas la révolte du poète. C’était l’époque du protest song aux USA (Bob Dylan, Joan Baez) et de la chanson sud-américaine engagée en faveur de Salvador Allende (Jara, le groupe Quilapayun au Chili, Atahualpa Yupanqui en Argentine) et avec le populaire Cuarteto Cedrón on était loin du jazz nord-américain. Mais il faut reconnaître que, dans l’interprétation de ses textes, il n’y avait pas de véhémence chez Jara, une spontanéité accompagnée d’une simple guitare, d’une flûte des Andes et de petites percussions.

A chacun de se faire une opinion, mais il faut rendre grâce à Lisa Rosillo et Michel Mainil d’avoir célébré la mémoire de ce « Poète au chant libre ».

Jean Calembert, écrivain – (“Joe Hartfield, l’homme qui voulait tuer Donald Trump”)

A l’époque de la mort de Victor Jara, en 1973, j’avais 31 ans et ma conscience politique était alors naissante et j’étais plus préoccupé par mon prochain mariage, la naissance de mon fils et la future faillite de mon employeur que par la lutte du peuple chilien contre l’impérialisme américain. J’ai participé, mais de très loin, aux manifestations contre Pinochet et pour Salvador Allende et Pablo Neruda. Mais tout au long de ma vie, le jazz, par son souffle musical libérateur, m’a accompagné et aidé à partager des valeurs universelles comme l’antiracisme, la soif de justice ou le partage équitable des richesses.

Et l’album “Le poète au chant libre – VICTOR JARA” est une magnifique réussite sur le plan musical. J’adore les disques de jazz où une chanteuse et un jazzman s’épaulent mutuellement: Billie Holiday et Lester Young, Helen Merril et Clifford Brown, Jeanne Lee et Ran Blake, Flora Purim et Chick Corea ou Cassandra Wilson et Martin Sewell. Pour moi, Lisa Rosillo et Michel Mainil ne dépareillent pas cette “short list”. La complémentarité de la voix claire, aérienne mais aussi malicieuse de Lisa et du saxo soprano de Michel sont superbement mis en valeur par les arrangements d’Alain Rochette. Bravo au quartet pour ce nouvel opus qui redonne vie aux poèmes, aux musiques et surtout aux idées de Victor Jara.

Bernadette Weyers (Académie de Musique de Marchienne-au-Pont

Une belle découverte artistique, émotionnelle et d’engagement ! Michel Mainil est à lui seul un surréaliste de notre époque, car sa volonté perpétuelle est de transgresser les genres, les mélanger, leurs donner d’autres saveurs intérieures. Rien n’est impossible pour lui, avec son quartet ou pas, et c’est là tout son talent d’improvisateur !

Pour ce projet, Le quartet formé de Michel MAINIL au sax ténor et soprano, d’Alain ROCHETTE au piano, mais aussi directeur musical et arrangeur, de Nicholas YATES à la contrebasse et d’Antoine CIRRI à la batterie, s’est entouré de Lisa ROSILLO « une voix exceptionnelle ». Victor JARA serait heureux de l’entendre, car tellement proche de lui dans son interprétation. Lisa se glisse sur la musique avec justesse, ses origines espagnoles sont de vrais atouts. Son accent, donne du sens aux mots, la mélodie respire, respecte le texte. Son corps bouge, son sang exprime ses ressentis pour nous le partager aux couleurs jazzy.

Lorenzo Cecchi – Ecrivain (Chastre)

1932-1973, 41ans de vie, seulement. Qu’aurait-il pu offrir de beauté supplémentaire si l’infâme Pinochet n’était entré dans sa vie, dans sa mort plutôt ?

Lisa et Michel ne se le demandent pas, ils le chantent comme lui chantait la liberté, avec passion. La voix de la Rosillo en ajoute au texte de Victor, de son Victor ai-je envie d’écrire, comme une femme amoureuse ponctue devant autrui, fière de lui, les propos de son époux. Voix claire, plus claire qu’auparavant m’a-t-il semblé, plus aérienne, tout au long de l’audition de ce magnifique CD, comme si la pureté seule pouvait rendre hommage à l’honnête homme victime de scélérats. Il avait bien compris, Victor, à qui il avait affaire, qui étaient ces assoiffés de l’ordre, le leur d’ordre, un ordre immonde qui tenait la liberté pour infâme, superflue ; un ordre basé sur le rejet de l’autre, guidé par l’animalité, par ses seuls instincts.Le saxo soutient la voix, puis il approuve ses paroles et part dans de poignantes envolées. Cet album est un album de souffle, un souffle qui redonne vie à Victor, lui rend sa place de « vainqueur », ce qu’il a été en définitive. Le défait n’est et ne sera jamais le poète, le vaincu de l’Histoire, c’est à jamais Pinochet et les siens. Quelle belle expérience que ce recueil chanté ! Quelle harmonie énergique il dégage ! Le quartet est parfait, tout au service de Victor, humble et admiratif. C’est ce qu’il m’a semblé en l’écoutant de la première à la dixième fois.

Philippe Quevauviller (ASBL Bossa Flor, adepte de l’art des rencontres prôné par Vinicius de Moraes et Pierre Barouh)

Au départ, la sortie d’un nouvel opus du quartet de Michel Mainil avec Lisa Rosillo ne pouvait que stimuler mon intérêt musical ! Je me souviens de la délicieuse découverte que fut leur Spanish Jazz Project en 2016 qui a représenté également une belle croisée de chemin avec la programmation Bossa Flor que j’anime. Ces partages sont la marque de la curiosité de Michel pour les mélanges de genres, les couleurs différentes et les rencontres, des valeurs que nous avons en commun ! La voix de Lisa se pose sur les textes des poésies de Victor Jara avec une force qui nous transporte vers l’univers de cet artiste que l’album me fait découvrir, et les notes de saxophone de Michel, du piano d’Alain Rochette au sein d’une belle structure rythmique assurée par Nick Yates et Antoine Cirri, font de ce projet une belle réussite tant sur le plan poétique que musical. En cette période de montée des autoritarismes de tous poils, sous couvert d’une gestion de crise sanitaire chaotique, les textes de Victor Jara et leur contexte historique résonnent comme une alerte aux dérives qui pourraient survenir si la liberté de conscience venait à être muselée. Ecoutons ce cri, sublimé par Lisa et les arrangements du quartet, ils renforcent notre foi en des jours meilleurs ! Je l’ai reçu alors que je lisais le roman de Miguel Bonnefoy, Héritage, qui raconte justement l’histoire douloureuse du Chili. Ce sont ces témoignages qui sont garants de nos mémoires et qui devraient faire que ces drames de l’histoire restent ancrés dans le passé sans aucune possibilité de retour… et pourtant ! Merci et bravo pour la symbiose réussie des textes, mélodies, arrangements et improvisations, c’est un régal et un message qui nous renvoie à un des titres du Spanish Jazz Project, Hasta siempre !!!

Yves Herlemont – Ancien enseignant et syndicaliste, auteur

Un disque qui ranime des souvenirs encore vivants. Les années septante. Les chants des peuples d’Amérique latine en révolte contre la domination économique et culturelle des  États-Unis : Mercedes Sosa, la famille Parra, Violeta, la mère et ses enfants, Isabel et Angel, Atahualpa Yupanqui, les groupes Quilapayun et Inti-Illimani mais surtout Victor Jara, artiste martyr, assassiné dans des conditions atroces par les sbires du Général Pinochet. Ce dernier, en 1973, est l’auteur d’un coup d’état sanglant qui a renversé le Président Chilien Salvador Allende, démocratiquement élu, avec l’appui des services secrets étatsuniens.

Le nouvel album du quartet de Michel Mainil et de la chanteuse Lisa Rosillo est beaucoup plus qu’une évocation, il constitue une renaissance de l’œuvre de Victor Jara revisitée par les arrangements d’Alain Rochette. La voix de Lisa Rosillo, tantôt grave et solennelle, tantôt mutine et espiègle, colle étroitement aux paroles et mélodies de Jara exprimant au-delà de l’engagement pour la liberté et la solidarité, la joie de vivre, l’amour de l’humanité, la tendresse du peuple…  Soulignons également l’étroite complémentarité du saxophone de Michel Mainil qui, en l’accompagnant, met en perspective ses intonations avec justesse, en parfaite symbiose avec la chanteuse. Enfin, tout en nuance et délicatesse, le piano d’Alain Rochette, la contrebasse de Nicholas Yates et les percussions d’Antoine Cirri terminent un tableau sonore des plus réussis.

Bernard Lefèvre – Jazz Halo (2021)

Samen met zangeres Lisa Rosillo zet saxofonist Michel Mainil het ‘Spanish Jazz Project’ van 6 jaar geleden verder, waarin nu Nicholas Yates op contrabas José Bedeur vervangt.

Michel Mainil brengt met zangeres Lisa Rosillo een hommage aan de geëngageerde Chileense dichter en zanger Victor Jara, politiek activist in de jaren 60-70, die bij de staatsgreep van Pinochet op 11 september 1973 werd opgepakt. Hij werd gefolterd en uiteindelijk enkele dagen erna geëxecuteerd en clandistien begraven.

De 11 chansons werden door Pianist Alain Rochette bewerkt tot swingende jazz naar songs en poëzie van Jara, gezongen door Lisa Rosillo. Het album opent met ‘El Derecho De Vivir En Paz’ (Het recht in vrede te leven) wat een aanklacht inhield tegen de Vietnam oorlog. In ‘Manifiesto’ klinkt Jara’s boodschap als geëngageerd liedjeszanger met een verwijzing naar de Chileense singer-songwriter en beeldend kunstenaar Violeta Parra waarvan de bekendste song ‘Gracias a la Vida’ ook op dit album is opgenomen.

De Venezolaanse traditional ‘Duerme Negrito’, ook op het repertorium van Victor Jara, verwijst naar de slavernij. En verder wordt een prachtige staalkaart van schrijnende Jara’s songs (‘La Cocinerita’, ‘Deja la Vida Volar’, ‘Lo Unica que tengo’, ‘Vientos del Pueblo’, ‘Canto Libre’, Angelita Huenumán’, ‘Te Recuerdo Amanda’) passioneel en expressief met zuiders temperament gezongen en vol saxvuur, sublieme pianoswing en kleurrijke ritmes tot een sublieme jazzmix gegoten. Jara’s ‘Gracias a la Vida’ sluit het album passend af.

De spirit van Victor Jara overleeft met een aangrijpende invulling van de originele muziek en poëzie naar moderne jazzmuziek, die schreeuwt om vrijheid en vrede. Warm aanbevolen!

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